Transpiration : les raisons qui nous font suer

Chaleur, stress, alimentation... la sudation est une réaction naturelle du corps qu'il faut apprendre à connaître.
Chaleur, stress et alimentation sont les facteurs les plus fréquents de la transpiration chez l'homme.

Transpirer des pieds, des mains et des aisselles est tout à fait normal. Notre corps fabrique de la sueur principalement pour lutter contre la chaleur et réguler sa température en la maintenant aux alentours des 37°C. En revanche, une transpiration excessive - également appelée sueurs profuses ou hyperhidrose -, des sueurs nocturnes ou des mains moites à répétition et sans raison apparente peuvent être les symptômes de pathologies plus ou moins graves. Explication.

La thermorégulation du corps

L'homme maintient naturellement sa température interne autour de 37°C (on parle d'homothermie). Il doit pour cela conserver un équilibre entre les gains et les pertes de chaleur (thermorégulation). Des thermorécepteurs périphériques - situés essentiellement au niveau de la peau et des poils - renseignent les centres thermorégulateurs d'éventuelles variations thermiques du corps. Ces centres déclenchent ensuite, si besoin, les réactions de lutte contre la chaleur : sudation ou vasodilatation. Une réponse physiologique qui assure l'homothermie. Transpirer est donc indispensable et absolument normal.

Comment fabrique-t-on la sueur et pourquoi ?

Le corps humain génère de la chaleur en continu pour se maintenir en état de marche. Afin d'éviter une surchauffe, des glandes appelées sudoripares fabriquent la sueur. Au nombre de trois millions, elles se situent dans les différentes couches de la peau. Les vaisseaux sanguins véhiculent le sang jusqu'à ces glandes qui s'occupent ensuite d'en extraire la chaleur avec l'aide de certaines molécules issues de notre alimentation. La sueur ainsi produite est alors évacuée par la peau et s'évapore, ce qui a pour conséquence de faire baisser la température interne. En moyenne, une personne perd un litre de sueur par jour.

La transpiration : une réaction à trois stimuli différents

Le corps humain transpire en réponse à trois stimuli précis : la chaleur (la sudation thermique), le stress (la sudation psychique) et l'alimentation (la sudation gustative). La sudation thermique est la plus importante. Elle est assurée à 50% par le tronc du corps, 25% par les membres inférieurs et le reste par la tête et les bras. Le dos, le front, les aisselles et le torse étant les parties du corps les plus actives.

La sudation psychique, communément appelée "sueurs froides", apparaît en situation de stress. Un entretien d'embauche, une prise de parole en public, un réveil qui ne sonne pas... les éléments déclencheurs ne manquent pas. Moins de 20 secondes sont suffisantes pour voir se manifester les premiers symptômes dans des zones dites froides telles que la plante des pieds et la paume des mains. Le front et les aisselles peuvent eux aussi réagir au stress et si la température extérieure dépasse les 31°C, c'est tout le corps qui peut se mettre à transpirer. Avec le stress, les deux principales glandes sudoripares - les eccrines et les apocrines - sont activées. C'est-à-dire que le stress produit à la fois une sudation inodore - visible au niveau du front, de la paume des mains, du dos... - et une sueur plus épaisse à l'origine des odeurs de transpiration aussi désagréables que tenaces. Cette sudation se situe notamment au niveau des aisselles et des zones intimes.

Enfin, troisième cas de figure, la sudation gustative. Celle-ci se produit souvent lors d'un repas trop épicé, trop gras ou trop sucré. Et ce, de manière quasi immédiate. Les épices - comme le cumin et le curry - et les piments contiennent un composant appelé la capsaïcine. Ce dernier entraîne le dérèglement des capteurs thermorégulateurs situés dans la bouche. Déstabilisés, ils déclenchent le processus de transpiration. Elle se généralise essentiellement au niveau du front, de la lèvre supérieure, du cou et du cuir chevelu. Les boissons contenant de la caféine - thé, café, boissons énergisantes... - et l'alcool peuvent également entraîner la sudation gustative.

En résumé, les mains moites, la transpiration des pieds ou la transpiration excessive des aisselles n'ont rien d'anormal. Ce sont de simples réponses du corps pour faire baisser sa température.

La sudation excessive : l'hyperhidrose

La transpiration excessive baptisée hyperhidrose ou sueurs profuses est due aux émotions, au stress ou à la chaleur. Ces stimuli font grimper le thermostat interne et les glandes sudoripares produisent trop de sueur. Cette pathologie, qui se caractérise par une perte de 10 litres de sueur au quotidien quand une personne lambda se déleste seulement d'un seul litre par jour, est assez répandue puisqu'elle touche plus de 3% de la population. Elle se révèle être un vrai cauchemar pour les personnes qui en sont victimes. En règle générale, on parle d'hyperhidrose lorsque la sudation contraint à se changer régulièrement et que cela devient un handicap social, professionnel ou psychologique. La paume des mains, les pieds et les aisselles sont les zones du corps les plus touchées par ces manifestations. A défaut de traitement, l'hyperhidrose peut entraîner des infections (mycoses ou bactéries), de l'eczéma et la bromhidrose (transpiration malodorante).

Si vous faites parti de ces 3 % de la population, il est impératif de consulter un spécialiste. Le temps que le traitement fasse effet, habillez-vous avec des vêtements sombres qui rendent les taches de transpiration moins visibles. Bon à savoir, contrairement aux matières synthétiques, au lin et au coton, la laine est une matière très absorbante. Résultat, il faut attendre plus longtemps avant que vos chemises et vos t-shirts paraissent humides. C'est déjà ça !

Les sueurs nocturnes

Là encore, on ne parle de sudation excessive nocturne que lorsque celle-ci ne s'explique pas et contraint à changer de pyjama. Si les causes non-organiques les plus courantes ont été écartées (stress, traitement médicamenteux, fatigue chronique, sevrage d'alcool ou de drogues, alimentation épicée...), la piste pathologique est alors possible et il est recommandé de consulter un médecin, les sueurs nocturnes pouvant être le signe de maladies plus ou moins graves telles que l'hyperhidrose idiopathique, l'hyperthyroïdie ou encore la pyélonéphrite. Avant de tirer la sonnette d'alarme, assurez-vous d'abord de mettre toutes les chances de votre côté pour ne plus transpirer la nuit. En effet, le stress, une chambre trop ou pas assez chauffée ou encore des vêtements non adaptés sont susceptibles de créer une transpiration nocturne.

Alimentation et surpoids

Une alimentation déséquilibrée et en quantité trop importante peut, elle aussi, entraîner une transpiration excessive. Les personnes en situation de surpoids ont tendance à produire plus de sueurs, et davantage encore si elles sont obèses. Dans ce cas, le meilleur remède pour transpirer moins reste de pratiquer une activité physique ou sportive adaptée à ses capacités afin de perdre du poids progressivement. Pour se (re)mettre dans le bain doucement, on vous conseille la natation. Avec elle, les risques de blessures sont presque inexistantes, tous les muscles du corps sont sollicités et le nombre de calories brûlées atteint des sommets. Autrement, tous les sports dits " cardio " sont les bienvenus. Footing, corde à sauter, rameur... faites-vous plaisir !

Problèmes d'odeurs corporelles ?

Contrairement aux idées reçues, on ne sent pas nécessairement des pieds par manque d'hygiène. Les odeurs corporelles fortes sont liées à des bactéries qui se nourrissent d'un second type de sueur produit par l'organisme. A la différence des glandes eccrines situées dans la peau, les glandes dites apocrines se trouvent dans les plis axillaires du corps comme au niveau des aisselles et à proximité des organes génitaux, là où il y a des poils. Du fait de leur emplacement, ces glandes fabriquent une sueur plus épaisse qui contient des protéines et du sébum. Un cocktail dont raffolent de nombreuses bactéries. Et c'est en se nourrissant de cette sueur qu'elles dégagent de mauvaises odeurs. Les pieds, enfermés dans des chaussettes et des chaussures, où s'accumule de la sueur toute la journée, sont donc un paradis pour le développement de ces bactéries et les mauvaises odeurs qui les accompagnent sont inévitables. Pour les atténuer, munissez-vous de semelles en mousse de polyuréthane, une matière qui absorbe efficacement l'humidité.

Autre solution, se raser les zones les plus pileuses du corps - aisselles et zones intimes - est conseillé. Cela permet de diminuer les risques de mauvaises odeurs corporelles. Si vous optez pour cette seconde astuce, n'oubliez pas de vous munir d'une tondeuse - uniquement si votre pilosité est importante -, d'un rasoir mécanique avec des lames parfaitement entretenues et d'un gel de rasage ou d'une mousse à raser pour éviter le feu du rasoir et l'apparition d'irritations ou de rougeurs.

L'autre cause possible d'odeurs corporelles fortes est d'origine pathologique. La triméthylaminurie est une maladie génétique exceptionnelle liée à certains aliments que l'organisme digère mal (oignons, ail, épices etc.). Très handicapante pour les malades, elle donne au corps une forte odeur de poisson pourri (" fish odor syndrome "). Mis à part l'alimentation, les odeurs corporelles ont toujours une origine génétique.

Transpirer fait-il maigrir ?

Non ! Suer c'est avant tout évacuer de l'eau (99%) pour faire baisser la température du corps. Transpirer dans un sauna ou un hammam permet de détoxifier son organisme et non de se délester des kilos superflus. En revanche, une activité physique régulière associée à une alimentation équilibrée permet de perdre du poids ou du moins de ne pas en prendre. Les disciplines les plus efficaces qui font véritablement brûler les graisses sont les sports d'endurance comme la course à pied, la natation ou le vélo. La musculation quant à elle ne fait pas perdre de poids mais transforme la graisse en muscle, ce qui ne diminue donc pas la masse totale du corps.

Transpire-t-on plus à cause des poils ?

Non plus ! Les imberbes transpirent tout autant que les hommes poilus. En revanche, les poils modifient l'odeur de la sueur car ils sont un terrain plus propice à l'installation de bactéries. Celles-là même qui dégagent des odeurs fortes. Indiqué dans le paragraphe sur les " problèmes d'odeurs corporelles ", se raser les aisselles ou les zones intimes peut donc diminuer les mauvaises odeurs.

Des conseils du quotidien aux déodorants adaptés à la peau et aux habitudes de chacun, de nombreuses solutions existent pour combattre efficacement la transpiration. Dégager des odeurs corporelles fortes ou afficher des taches jaunes n'est donc plus digne de nous, les hommes.