N'gol, les origines polynésiennes du saut à l'élastique

Vous pensiez que le saut à l'élastique était une invention récente ? Pas du tout. Cette pratique que les fous du frisson adorent est en réalité originaire du Pacifique. On vous explique tout.
 Qui aurait cru que le saut à l'élastique était né en Polynésie ?

Avez-vous déjà entendu parler du Vanuatu ? C'est un archipel situé dans le Sud-Ouest de l'Océan Pacifique, à l'est de l'Australie. Imaginez un climat tropical, des paysages volcaniques, des forêts luxuriantes. En un mot : le bonheur. C'est là-bas qu'est né le saut à l'élastique... sans élastique. Sur l'Île de Pentecôte, où vivent moins de 20 000 âmes, se tient une cérémonie incroyable que les curieux ont la chance d'observer d'avril à juin.

Un rite de passage

Depuis des millénaires, la tribu des Saa désigne les garçons en âge d'entrer dans le monde adulte. Seulement avant cela, ils doivent passer par le rituel du N'gol. Les adolescents montent au sommet d'une tour en bambou. À 25 mètres du sol, ils doivent se jeter la tête la première. Ça vous dit quelque chose ? C'est normal. Sauf que, nous autres, avons l'habitude de sauter d'un pont ou d'une grue harnachés d'un solide élastique. Les jeunes garçons de l'Île de Pentecôte sont, quant à eux, attachés à des lianes. Là, tout de suite, on est moins tenté. Les petits sauteurs ne doivent en effet leur salut qu'à la solidité de la tour et de leur accroche.

Une popularité récente

Pour que cette coutume se transforme en pratique, il faut attendre les années 80 et la venue d'un certain Alan John Hackett, témoin de la cérémonie des Saa sur l'Île de Pentecôte. En voyant les jeunes vanuatuais se jeter dans le vide, le Néo-Zélandais pense aussitôt aux amoureux de sensations fortes. Après son voyage, il se lance dans le développement du saut à l'élastique, réalisant des bonds impressionnants tels que celui depuis le deuxième étage de la Tour Eiffel en 1987. C'est un carton. Aujourd'hui, des milliers de personnes s'offrent chaque année un shoot d'adrénaline sur des spots complètement fous. Ils ne réalisent sans doute pas qu'à l'autre bout du monde, d'autres sont en train de réaliser le même plongeon... pour devenir des hommes.